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Recension des "Naufragés de l'Île perdue"

ebook coverJean Lemaître, reporter social, responsable associatif, consultant européen, journaliste international et professeur de journalisme, a eut la gentillesse de publier une recension de mon roman "Les naufragés de l'île perdue". Je la republie fièrement ci-dessous:

Nous sommes fin 1863, à l’autre bout du monde. A Sydney, cinq marins, des sacrés courageux, viennent d’embarquer sur un voilier pour un voyage très dangereux. Leur idée est d’explorer un chapelet d’îles désertes au sud de l’Australie, en direction de l’Antarctique, à la recherche de gisements d’argent qui leur procureraient fortune. Cette expédition n’a rien d’une promenade de santé. Le climat, en se rapprochant du pôle sud, est glacial et il pleut des hallebardes quasi chaque jour. Les conditions de navigations sont apocalyptiques, sur une mer le plus souvent démontée, balayée par des tempêtes épouvantables.

Sur le trajet, l’équipage affronte un ouragan plus violent encore que les autres. Leur bateau se fracasse sur les récifs de l’île inhospitalière d’Auckland, bon pour la casse. Heureusement, les cinq hommes s’en tirent et rejoignent sains et saufs la plage. Mais comment vont-ils survivre, seuls, en attendant d’hypothétiques secours, dans cet enfer naturel ? La première priorité, se nourrir. Un gros bâton à la main, ils chassent le phoque pour en récupérer la viande. Il leur faut ensuite construire une cabane qui les abrite de la pluie, allumer un feu qui les réchauffe. Ils savent qu’ils ne pourront compter que sur leurs propres forces s’ils veulent en sortir vivants. Et cela durera des mois et des mois, afin de forger de leurs propres mains les outils nécessaires à la fabrication d’une solide chaloupe qui, peut-être, une fois mise à l’eau, résistera aux énormes vagues et les ramènerait, enfin, vers des terres habitées.

Comment s’y prendre ? Comment éviter le « chacun pour soi » qui conduirait à la ruine de leur petit cercle ? Comment ne pas sombrer dans le désespoir, avec cette lande noire, hostile, une prison dont il paraît impossible de s’échapper ?

C’est alors qu’un soir, attablés autour d’un rôti de phoque, les naufragés décident de fonder une sorte de « commune » en miniature. Sur le bateau, il y a le capitaine omniscient, qui donne les ordres, impose la discipline aux matelots obéissants. Mais à terre, dans de telles circonstances, ce système hiérarchique ne se révélera-t-il pas contreproductif ?

Les cinq s’interrogent. Ils tiennent conseil, échangent les avis. Chacun n’a-t-il pas ses propres compétences qui doivent être conjuguées, à égalité, pour se transformer en force supérieure, créative et collective ? Par une sorte d’éclair de lucidité et d’instinct de survie, les naufragés rejettent à l’unanimité le schéma traditionnel basé sur le couple domination/soumission. Ici, il n’y aura plus de chef, mais un animateur-coordinateur, élu par ses pairs, qui pourra être remplacé à tout moment en assemblée générale. Et cette stratégie va s’avérer payante : la preuve que « l’homme n’est pas » nécessairement « un loup pour l’homme » et que la démocratie de base constitue en définitive le meilleur gage d’efficacité…

Avec ce roman, les amateurs de voile et de navigation se régaleront, car le récit est farci d’explications techniques, livrées de façon très pédagogique. Les autres, dont je suis, goûteront le versant plus symbolique de cette histoire illustrant les vertus du communisme au sens philosophique du terme, du « commun, commune ». Les uns et les autres se diront sans doute que, si les cinq marins unis comme les doigts de la main y sont parvenus, alors pourquoi pas nous, aujourd’hui, nous n’y arriverions pas, à plus large échelle, alors que c’est la planète tout entière qui est menacée de naufrage…

Jean Lemaître - https:// jean.lemaitre.com